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nespresso : who else ? [122007]

Le modèle Nespresso fait des adeptes jusque dans l’automobile

Du côté de l’offre : une prestation continue, une qualité constante

Nous assistons à une évolution sectorielle majeure dans l’automobile : le service s’agrège aujourd’hui au produit, au point que service et produit constituent désormais les deux figures indissociables de l’objet automobile en devenir.
Pour témoins : La sérénité (Renault) ou le Full Service Plan (Toyota), la Formule Auto Sans Souci (Axa) ou l’Auto Lease / Service Complet (Dexia) pour n’en citer que quelques uns.

Du côté des acteurs : des métiers en fusion

Les constructeurs proposent désormais du financement et de l’assurance et les banques-assurances ajoutent dans leur contrat des formules d’entretien et de réparation. Les financiers tendent à souligner le bénéfice fonctionnel de leur offre (garantie d’une mobilité continue - Dexia) tandis que les constructeurs, qui doivent désamorcer la crainte de dépenses incontrôlées, s’emploient à promettre la bonne gestion (« piloter sereinement le budget automobile » - Renault)

• Pourquoi l'évolution va-t-elle vers plus d'intégration produit-service ?
• Quelles conséquences sur les métiers du service automobile ?
• Quelles conséquences sur la relation aux produits ?

Du côté des clients : la logique d’achat est dominée par l’usage

Le bénéfice le plus synthétique est la tranquillité d’esprit (Incredible Peace-of-mind – Chrysler), état idyllique qui correspond à une double attente : la tranquillité financière et la tranquillité fonctionnelle. Cette synthèse existe effectivement dans les attentes et déjà dans les comportements : on pense « produit-service », logique d’usage plutôt que logique d’achat, groupage du maximum de prestations dès le départ, et souplesse de l’offre qui doit s’adapter dans le temps à des besoins changeants.

Deux phénomènes semblent rendre compte de cette évolution :

 
Comme toujours, l’évolution d’un champ d’activité, ici le service, s’étend au fur et à mesure à l’ensemble des secteurs. Or le modèle du service moderne, celui du téléphone portable par exemple, est bien celui de la fusion ou de l’indifférenciation entre produit et service. L’automobile ne fait que rejoindre cette tendance de fond.
Comme souvent (en finance, en informatique, etc) l’offre initialement destinée aux professionnels, puis aux particuliers fortunés, s’élargit au grand public. C’est le cas du leasing, qui inclut une gamme de services financiers et techniques.

Que peut-on conclure de cette progressive fusion du produit et du service dans le secteur automobile ?

 
1) D’abord, sur le plan du service automobile, la normalisation : c’est la fin de la spécificité automobile (« menteur comme un garagiste ») dans l’univers des services.
Mais aussi, l’industrialisation du service : fusion produit-service implique fusion constructeur-garagiste, ou, à défaut, alignement du process service sur des normes qui sont celles de l’industrie qui fabrique les produits. Il s’agit de présenter l’offre, de la vendre, puis de l’entretenir de façon continue et homogène : le service comme le produit doit devenir reproductible à l’infini. L’hétérogénéité du service que l’on trouve encore dans les réseaux – du garage du coin à la concession vitrine de la marque- ne paraît pas compatible avec cette évolution.

2) Ensuite, un résultat paradoxal touchant à la nature de l’objet automobile.

On pourrait prévoir l’effacement de la propriété au profit de l’usage pur : on passerait de « avoir sa voiture » à « être mobile ».
Or le leasing, par exemple, c’est aussi le moyen d’afficher du statut à moindre coût. Ainsi, alors même qu’on ne possède plus sa voiture, il est toujours aussi crucial de la montrer. Le produit ne disparaît pas dans sa fusion avec le service.
Comme dans le domaine pionnier par excellence de la fusion produit-service, la téléphonie mobile, l’objet détenu se doit d’être différenciant, d’autant plus qu’avec ces « packs » qu’on paie de préférence par mensualités, le renouvellement constant est assez irresistible.


François Erner
Contact : Sorgem Tel. 01 40 67 20 00 | Email : f.erner@sorgemint.com

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