Confucius, son fondateur, vivait il y a plus de 2000 ans dans
une période très troublée, dans laquelle
le peuple souffrait. Son but a été de restaurer
l’harmonie, l’ordre social et la paix en s’appuyant
sur le respect des traditions, de la légitimité
du pouvoir et de la hiérarchie sociale.
Le confucianisme prône une société de
devoir.
Cette théorie sociale projette une image pyramidale
de la société idéale. À sa base
: l’homme. Tout part de l’individu qui doit être
éduqué. Il peut alors régir au mieux
sa famille. Au sein de la famille, les parents sont des exemples
pour les enfants, ils leur dispensent leur amour et ceux-ci
en retour leur doivent un respect absolu.
Chacun tient au mieux sa place dans la société
en respectant les classes qui lui sont supérieures
mais aussi les gens qui dépendent de lui. La finalité
est une société harmonieuse, sans tension dans
laquelle chacun vit au mieux à la place qui lui est
assignée. L’État, bien administré,
contribue à la paix et la tranquillité de l’Empire.
L’empereur ou les empereurs contemporains (les dirigeants
suprêmes du Parti Communiste) se doivent de rendre leur
peuple heureux et de donner l’exemple.
La finalité du confucianisme est donc la société
: l’intérêt global du groupe supplante
l’intérêt individuel. C’est une société
du devoir. Il ne faudrait pas en déduire que dans un
tel système l’individu n’existe pas : l’individu
est important en soi, mais il prend toute sa valeur au sein
du groupe, à travers ce qu’il apporte au groupe.
Le confucianisme imprègne profondément la socialité
des Chinois d’aujourd’hui. Parce qu’ils
pensent que l’individu se comprend par la place qu’il
occupe dans la société, et que s’il est
isolé l’individu ne peut pas vivre, les Chinois
modernes estiment qu’il est important de vivre en harmonie
avec son milieu relationnel, de l’entretenir et de le
développer. Ils ont donc une vie sociale intense souvent
faite d’obligations, et un réseau de relations
développé.
Ce réseau de relations s’articule en trois cercles
:
| |
•
La famille forme un premier cercle très proche,
avec une cohésion familiale plus forte que
dans notre société, et des limites floues
entre ce qui est du ressort de l’individu/de
l’intimité et ce qui est du ressort de
la famille.
• Le second cercle
est constitué des collègues d’université
ou de travail qui représentent un cercle d’amis
naturels. Contrairement à notre société,
la distinction entre amis et collègues n’existe
pas.
• Le troisième
cercle correspond aux contours d’une socialité
construite et volontariste : il comprend les relations
qui ne sont pas naturelles, celles que l’on
cherche à mettre en place pour en tirer profit. |
Tous ces cercles constituent un réseau social de clientèle
qui s’appuie sur un système d’échanges
et d’obligations réciproques. Ainsi on entretient
ses relations en offrant des cadeaux (alcools, cosmétiques,
menus objets, bijoux, montres…), en sachant que ce présent
construit des fidélités utiles. On peut solliciter
son réseau, mais en contrepartie on ne peut rien refuser
à un membre de son réseau de ce qui est en son
pouvoir, et ce dans les petites choses comme dans les grandes.
Pour les mêmes raisons, les Chinois estiment qu’il
est légitime et important de manifester sa réussite
par des signes extérieurs : voiture, montre, voyages,
intérieurs… Ainsi le salon est une pièce
d’apparat dans laquelle trône le téléviseur
à écran plat de grande taille et de marque étrangère,
accolé à un mur d’exposition qui le met
en valeur : il dit le statut et la réussite sociale
de celui qui l’habite.
De même, le choix des marques étrangères
témoigne du statut et de la réussite.
Les Chinois sont attentifs à ces marqueurs de réussite
chez les autres et c’est à ces signes qu’ils
évaluent leur propre avancée sur l’échelle
de la réussite.
 |
| |
| L’appartement d’un
homme d’affaires |
|
Hôtel pour homme d’affaires
chinois à Guang Zhou |
Le confucianisme est une doctrine de l’harmonie, de
même que le Taoïsme. Ceci a également pour
conséquence que les Chinois évitent les situations
de conflit ou même d’opposition. C’est pourquoi
un Chinois a du mal à dire « non ». D’où
différentes situations de blocage dans lesquelles on
ne comprend pas pourquoi les choses n’avancent pas.
On peut trouver dans les principes du confucianisme les raisons
de rejet de deux registres publicitaires :
| |
•
Ceux qui mettent en scène comme figures d’identification,
des personnages trop singuliers, trop avant-gardistes,
trop originaux : en effet, même lorsqu’il
veut montrer les signes de sa réussite le Chinois
ne cherche pas la singularité à outrance,
il veut au plus montrer sa personnalité mais
toujours dans une stratégie d’intégration
au groupe social auquel il a accédé.
• Ceux qui mettent
en scène des situations de confrontation, de
provocation : la règle c’est l’harmonie. |
Catherine Sfez

Contact : Sorgem Tel. 01 40 67 20 00