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le confucianisme dans la vie des chinois d'aujourd'hui [092007]

Confucius, son fondateur, vivait il y a plus de 2000 ans dans une période très troublée, dans laquelle le peuple souffrait. Son but a été de restaurer l’harmonie, l’ordre social et la paix en s’appuyant sur le respect des traditions, de la légitimité du pouvoir et de la hiérarchie sociale.
Le confucianisme prône une société de devoir.

Cette théorie sociale projette une image pyramidale de la société idéale. À sa base : l’homme. Tout part de l’individu qui doit être éduqué. Il peut alors régir au mieux sa famille. Au sein de la famille, les parents sont des exemples pour les enfants, ils leur dispensent leur amour et ceux-ci en retour leur doivent un respect absolu.
Chacun tient au mieux sa place dans la société en respectant les classes qui lui sont supérieures mais aussi les gens qui dépendent de lui. La finalité est une société harmonieuse, sans tension dans laquelle chacun vit au mieux à la place qui lui est assignée. L’État, bien administré, contribue à la paix et la tranquillité de l’Empire.
L’empereur ou les empereurs contemporains (les dirigeants suprêmes du Parti Communiste) se doivent de rendre leur peuple heureux et de donner l’exemple.

La finalité du confucianisme est donc la société : l’intérêt global du groupe supplante l’intérêt individuel. C’est une société du devoir. Il ne faudrait pas en déduire que dans un tel système l’individu n’existe pas : l’individu est important en soi, mais il prend toute sa valeur au sein du groupe, à travers ce qu’il apporte au groupe.

Le confucianisme imprègne profondément la socialité des Chinois d’aujourd’hui. Parce qu’ils pensent que l’individu se comprend par la place qu’il occupe dans la société, et que s’il est isolé l’individu ne peut pas vivre, les Chinois modernes estiment qu’il est important de vivre en harmonie avec son milieu relationnel, de l’entretenir et de le développer. Ils ont donc une vie sociale intense souvent faite d’obligations, et un réseau de relations développé.

Ce réseau de relations s’articule en trois cercles :

 
La famille forme un premier cercle très proche, avec une cohésion familiale plus forte que dans notre société, et des limites floues entre ce qui est du ressort de l’individu/de l’intimité et ce qui est du ressort de la famille.
Le second cercle est constitué des collègues d’université ou de travail qui représentent un cercle d’amis naturels. Contrairement à notre société, la distinction entre amis et collègues n’existe pas.
Le troisième cercle correspond aux contours d’une socialité construite et volontariste : il comprend les relations qui ne sont pas naturelles, celles que l’on cherche à mettre en place pour en tirer profit.

Tous ces cercles constituent un réseau social de clientèle qui s’appuie sur un système d’échanges et d’obligations réciproques. Ainsi on entretient ses relations en offrant des cadeaux (alcools, cosmétiques, menus objets, bijoux, montres…), en sachant que ce présent construit des fidélités utiles. On peut solliciter son réseau, mais en contrepartie on ne peut rien refuser à un membre de son réseau de ce qui est en son pouvoir, et ce dans les petites choses comme dans les grandes.

Pour les mêmes raisons, les Chinois estiment qu’il est légitime et important de manifester sa réussite par des signes extérieurs : voiture, montre, voyages, intérieurs… Ainsi le salon est une pièce d’apparat dans laquelle trône le téléviseur à écran plat de grande taille et de marque étrangère, accolé à un mur d’exposition qui le met en valeur : il dit le statut et la réussite sociale de celui qui l’habite.

De même, le choix des marques étrangères témoigne du statut et de la réussite.

Les Chinois sont attentifs à ces marqueurs de réussite chez les autres et c’est à ces signes qu’ils évaluent leur propre avancée sur l’échelle de la réussite.

 
L’appartement d’un homme d’affaires   Hôtel pour homme d’affaires chinois à Guang Zhou

Le confucianisme est une doctrine de l’harmonie, de même que le Taoïsme. Ceci a également pour conséquence que les Chinois évitent les situations de conflit ou même d’opposition. C’est pourquoi un Chinois a du mal à dire « non ». D’où différentes situations de blocage dans lesquelles on ne comprend pas pourquoi les choses n’avancent pas.

On peut trouver dans les principes du confucianisme les raisons de rejet de deux registres publicitaires :

 
Ceux qui mettent en scène comme figures d’identification, des personnages trop singuliers, trop avant-gardistes, trop originaux : en effet, même lorsqu’il veut montrer les signes de sa réussite le Chinois ne cherche pas la singularité à outrance, il veut au plus montrer sa personnalité mais toujours dans une stratégie d’intégration au groupe social auquel il a accédé.
Ceux qui mettent en scène des situations de confrontation, de provocation : la règle c’est l’harmonie.


Catherine Sfez
Contact : Sorgem Tel. 01 40 67 20 00

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